• [Avis] Final Fantasy XV

    L’attente aura été longue, après plus de dix ans d’attente et de développement chaotique, Final Fantasy XV voit enfin le jour. Présenté initialement sous Final Fantasy XIII en 2004, le titre est-il fidèle à lui-même ou n’est-il plus que l’ombre de ce que l’on nous avait présenté ?

     

    Initialement prévu sous le nom de Final Fantasy XIII Versus, étant donné qu’il devait être la suite de son grand frère, mais aussi faire partie de Fabula Nova Crystallis (une compilation de plusieurs Final Fantasy se déroulant dans le même monde, mais à des époques différentes), le jeu change finalement de nom et opte pour Final Fantasy XV en 2012.

     

    Final Fantasy XV arrive enfin. Après un calvaire long de dix ans, le développement de ce nouveau Final Fantasy aura fait couler beaucoup d’encre. Changement d’objectif, nouvelle direction, un nom qui passe de FF Versus à FFXV, la production de ce titre a repris de presque zéro durant 2013. Autant dire que Square Enix a parié gros, avec un des développements les plus coûteux de l’histoire du jeu vidéo, mais aussi avec un jeu attendu depuis plus d’une décennie par les fans et les nouveaux venus. Présenté lors du salon de l’E3, FF15 est laissé aux mains de grands noms. Tetsuya Nomura, réalisateur, qui va se charger entre autres de la création des personnages et des idées originales du jeu, puis récupéré par Hajime Tabata en 2014, Takeshi Nozue pour les cinématiques (FFVII Advent Children), ou encore une programmation menée par les équipes ayant développé les Kingdom Hearts. Côté bande-son, Yoko Shimomura s’occupe du projet, et nous a concocté près de 5h de musique pour nous accompagner durant notre aventure. 

                 

    Luminous, ce moteur utilisé par Square Enix pour l’occasion, et conçu par une équipe de programmeurs internationaux. Ce moteur permet entre autres d’obtenir un réalisme proche de la perfection, des images saisissantes ou encore d’un système d’éclairage basé sur la physique.

    Le concept de Final Fantasy XV est basé sur une « fantaisie fondée sur la réalité », avec un monde proche du nôtre dans une époque moderne.

    La phrase d’ouverture du jeu annonce la couleur, « un Final Fantasy pour les fans et les nouveaux venus ». Voici donc ces quelques mots pour débuter ce quinzième opus de la saga de Square Enix. Autant dire que le risque est grand pour ce titre, réunir les fans de Final Fantasy et les néophytes dans un seul et même jeu. Mais c’est ce qu’il faut afin de redorer le blason de la licence et pouvoir toucher le grand public, chose que les derniers Final Fantasy n’ont pas été forcément capables, mais aussi rentabiliser ce développement chaotique. 

                      

    Il faut savoir que ce monde, le monde d’Eos, est plongé depuis plusieurs années dans une guerre contre l’Empire de Niflheim, un puissant empire qui a pour but d’envahir tout ce qui l’entoure et cherche à conquérir le plus de régions possibles. Le royaume de Lucis, encerclé de partout par Niflheim, est donc le dernier rempart qui sert de résistance. Cette résistance, le royaume de Lucis, et plus particulièrement sa capitale Insomnia, la doit grâce au Cristal, un puissant artefact magique, protégé par le Roi Régis, qui permet de défendre le royaume des attaques extérieures. Devant cette guerre interminable, Niflheim propose donc un traité de paix avec le royaume de Lucis, avec une cérémonie qui devra se dérouler à Insomnia. Et quoi de mieux pour accompagner ce traité de paix qu’un mariage entre les familles des deux rois ?

                   

    Le jeu commence, vous incarnez donc Noctis Lucis Caelum, le prince héritier du royaume de Lucis, accompagné de Prompto, Igni et Gladiolus, trois membres de la Garde Royale, en route pour son mariage avec l’Oracle, plus connue sous le nom de Lunafreya, son amie d’enfance. Au volant de la voiture de son père, la superbe Regalia, direction la région de Tenebrae et plus particulièrement vers Altissia où l’attend Lunafreya. Le Roi Régis, père de Noctis, nous donne quelques conseils avant de partir, et nous rappelle à quel point ce mariage est crucial pour le royaume. Nous voilà donc partis pour sceller cette amitié entre les deux royaumes, à travers un mariage princier. Mais pour couronner le tout, rien ne va se passer bien évidemment comme prévu. Pour en savoir davantage, il faut regarder le film d’animation Final Fantasy Kingslaive, qui relate l’histoire juste avant le début du jeu, sinon vous risquez d’avoir quelques trous dans le scénario et ne pas tout comprendre. Sans trop rentrer dans les détails, Niflheim a tendu un piège au royaume de Lucis, et ce traité de paix n’est qu’un leurre afin de se rapprocher du Cristal et pouvoir s’emparer du royaume. Ayant senti le piège, le roi Régis décida donc d’éloigner son fils du royaume afin de le protéger des griffes de Niflheim. Vous l’aurez compris, Final Fantasy XV nous raconte donc l’histoire de la vengeance de Noctis, dont la mort a été annoncée durant l’attaque, mais aussi cette quête éternelle entre la lumière et les ténèbres.

                    

    Vous voilà donc parti pour un road trip, en compagnie de vos trois amis et de la Regalia dans un Final Fantasy ayant son propre monde ouvert. Contrairement à Final Fantasy XIII, ici, nous pouvons choisir de prendre le temps d’explorer et avoir accès à l’étendue des différentes régions que l’on pourra débloquer plus ou moins rapidement durant le jeu. C’est ainsi que pour parcourir ce monde, vous pourrez opter soit pour la marche à pied, soit vous prélasser au volant de la superbe Regalia, ou encore, et un peu plus tard dans le jeu, explorer le monde à dos de Chocobo. À noter que l’utilisation de la Regalia est assez limitée. Vous pourrez opter pour une conduire automatique, vous laissant ainsi le plaisir d’admirer le paysage qui s’offre à vous et vous arrêter quelques instants pour prendre une photo à l’aide de Prompto, un de vos compagnons. Passer de longues distances à l’aide du voyage rapide, ou encore, passer en conduite manuelle. Malheureusement, vous ne pourrez conduire que sur les routes et à une allure réduite. Cependant, la carte est tellement grande qu’il faut parfois 10 bonnes minutes pour faire le trajet entre deux points, et avec un temps de chargement parfois assez long, il est préférable d’attendre en conduite automatique plutôt que de choisir le voyage rapide. Ce qui est sûr, c’est qu’avec plus de dix ans de développement, Final Fantasy XV nous offre de jolis panoramas, avec une distance d’affichage assez exceptionnelle, des décors à couper le souffle, et différentes régions plus jolies les unes par rapport aux autres. Bref, un monde ouvert doté de panoramas comme on en a rarement vu. Tout n’est pas rose pour autant, il faut se méfier du cycle jour/nuit que nous propose Final Fantasy XV. En effet, même si vous êtes tenté par l’aventure de nuit, vos compagnons vous rappelleront souvent que se battre la nuit n’est pas une bonne idée. Et pour cause, se balader la nuit n’est pas sans danger. Avec de nouveaux monstres, plus puissants, attendez-vous à un nouveau challenge et être constamment attaquer si vous désirez explorer Eos en pleine nuit.              

    A vous donc d’explorer à votre guise ce monde d’Eos, dont les ténèbres commencent à gagner en force, avec des nuits qui se font de plus en plus longues, et des Daemons (monstres) qui deviennent de plus en plus nombreux et agressifs. Vous voilà donc, lâché en pleine nature, sans trop savoir ce qu’il se passe dans les différents royaumes. Votre but est simple, retrouver Lunafreya, reprendre Insomnia et le royaume de Lucis qui vous revient de droit. Cependant, tout n’est pas aussi simple dans Final Fantasy XV, le monde regorge de Daemons que vous pourrez attaquer lors de vos explorations, avec un système de combats assez mouvementés, fini le tour par tour, bonjour à la technique et aux combos entre personnages. Bien qu’un mode stratégique soit disponible, permettant ainsi de figer le temps lors des combats, les combats se révèlent particulièrement redoutables en fonction des ennemis que vous allez croiser. Seul petit bémol, la caméra, qui vient se glisser dans le décor de temps en temps, et qui vient gâcher l’immersion durant de rudes combats. Bien que les combats soient assez techniques, attendez-vous tout de même à devoir avoir besoin d’un temps d’adaptation le temps de vous familiariser avec toutes les techniques du jeu. Un seul coup mal esquivé et vos points de vie descendront plus vite que prévu.

    Une des dernières mises à jour permet désormais d’incarner n’importe lequel des quatre personnages au lieu de se contenter de Noctis, ce qui permet de varier un peu les gameplays. À savoir, Gladio est un peu l’homme fort du groupe, muni d’armes lourdes, il inflige des coups dévastateurs à ses ennemis. Ignis lui est spécialisé dans le soutien et dans la magie, mais attaque au corps à corps avec ses dagues. Prompto lui, joue distance avec ses armes à feu. Quant à Noctis, à vous de choisir dans quoi le spécialiser. Vous pourrez ainsi choisir entre différents types d’armes, de magie, ou encore, d’utiliser la puissance des armes fantômes du Lucis, vos ancêtres, qu’il vous faudra trouver dans des tombeaux, lors de mini donjons éparpillés un peu partout sur la carte. Chaque arme dispose de ses propres avantages et inconvénients, vous pourrez ainsi vous téléporter d’ennemi en ennemi à l’aide de la capacité Éclipse, donner de puissantes attaques, ou encore, utiliser la puissance dévastatrice des invocations                

    Chacun des trois personnages vous accompagnant dispose aussi de ses propres compétences que vous pourrez choisir durant la partie. Ainsi, Ignis pourra vous concocter de délicieux plats avec différents bonus à la clé si vous avez les ingrédients nécessaires à leur réalisation. Prompto, lui vous servira de photographe, permettant ainsi d’immortaliser certains moments du jeu lorsque vous le déciderez, ou alors de manière automatique lors des combats par exemple. Quant à Gladio, il vous faudra marcher et camper afin de bénéficier de ses compétences et ainsi avoir accès à un petit bonus d’endurance et force.

    Comme tout bon Final Fantasy, celui-ci mise aussi sur un système de magie. Attention cependant, ce système a été redéfini et seul Noctis peut l’utiliser à l’aide de petits orbes élémentaires que vous devrez jeter sur les ennemis. Mais évitez tout de même de jeter vos sorts n’importe où, le tir ami étant activé, et les zones d’impact de vos sorts plus ou moins grandes, un simple lancé peut vite tourner au cauchemar. Vous aurez donc le choix entre le feu, la glace ou encore la foudre, mais aussi la possibilité de combiner ses éléments, en choisissant la quantité à utiliser, les associer à des objets afin de donner des bonus ou malus, ou encore choisir la puissance totale de votre nouveau sort. Malgré un système de magie totalement remanié, laissant ainsi place à quelque chose d’assez technique aux premiers abords, mais particulièrement efficace une fois que l’on maîtrise le principe, on notera l’absence des invocations à proprement parler comme dans la plupart des Final Fantasy. Ici, pas question d’invoquer une puissance divine lorsque l’envie nous prend. Les invocations seront à gagner au fur et à mesure de votre avancée, et il faudra remplir quelques conditions au préalable avant de voir apparaître votre invocation automatiquement (barre de vie faible, proche de la mort, combat trop long… chaque invocation a ses propres conditions.) Dommage, car étant donné le design et le style d’invocation de chacune de ces divinités, certaines ne viendront que très rarement, voir jamais, et on ne pourra donc pas vraiment contempler la toute-puissance des invocations d’un Final Fantasy. Cependant, lorsqu’une cinématique d’invocation apparaît, attendez-vous à une scène spectaculaire, ainsi qu’à une puissance colossale, ce qui signifie généralement la fin du combat par la même occasion.         

    Contrairement aux précédents Final Fantasy, celui-ci mise sur un système d’expérience qui ne progressera pas en temps réel. Plus vous allez valider de quêtes, remporter des combats ou finir des donjons, plus vous allez remplir une barre d’expérience. Cependant, afin de valider cette expérience, et donc de gagner en niveaux et en points de compétences, il vous faudra soit vous arrêter dans une des nombreuses villes afin de séjourner dans un hôtel, ce qui vous procurera un petit bonus multiplicateur d’expérience, soit camper à la belle étoile et donc de bénéficier de la nourriture d’Ignis. Côté arbres de compétences, vous les trouverez en différentes catégories, magie, technique ou encore caractéristiques par exemple, le choix s’offre à vous, même si certaines compétences nécessitent un prix totalement démesuré pour les débloquer.

    Bien entendu, avec une carte aussi grande, attendez-vous tout de même à rencontrer pas mal de petites villes où vous pourrez vous reposer, acheter des objets, ou encore accomplir des quêtes. D’ailleurs, différents types de quêtes s’offrent à vous. Vous pourrez ainsi trouver des contrats de chasse dans les différentes villes. Ces contrats sont un bon moyen de se faire des gils (monnaie du jeu) assez facilement, il vous faudra juste éliminer des Daemons un peu plus forts que la normale, avec pour certains, des conditions particulières (apparition jour, nuit, donjon…). En plus de cela, les quêtes de chasse ont un système de rangs, que vous débloquerez au fur et à mesure de vos chasses. Bien entendu, plus le rang est élevé, plus le daemon est difficile à battre, mais meilleure est la récompense. Le second type de quête est le genre de quête que l’on retrouve sur n’importe quel jeu, celles que les PNJ vous proposent. Avec des quêtes secondaires à n’en plus finir, attendez-vous à plusieurs heures de jeu rien que pour terminer les quêtes secondaires. Bien que généralement les quêtes secondaires ne sont qu’un moyen de rallonger un scénario plutôt court, ici c’est tout autre chose. Les quêtes secondaires vont permettre de rapprocher ce lien entre les différents personnages, de monter de niveau rapidement ou tout simplement de découvrir des endroits que vous n’avez pas encore visités. Au total, plus de 200 quêtes hors quêtes principales pour vous accompagner tout au long du jeu, de quoi vous tenir pour un bon bout de temps.

    Final Fantasy XV étant vendu comme un RPG en monde ouvert, on rencontre cependant un manque de villes à visiter, beaucoup d’endroits plus ou moins vides, ou tout simplement un manque de variété. Hormis quelques grandes villes, attendez-vous généralement à parcourir de longs kilomètres sans rien croiser sur votre chemin, ou alors apercevoir au loin un petit ranch caché dans une forêt, une zone de repos, ou un point de quête.

    Côté scénario, malgré plus de dix ans de développement, pas mal de trous sont présents. En effet, toutes les scènes entre Noctis et le Roi Régis ne font plus partie du jeu, l’histoire du royaume est inconnue, ou encore, les images que l’on nous avait présentées lors de la démo du jeu ne sont plus présentes. Pour en savoir un peu plus, il faut regarder le film Kingslaive qui relate des derniers jours avant le départ de Noctis, sinon rien dans le jeu ne nous en apprend davantage. Pour ce qui est du reste, plusieurs incohérences sont présentes dans le jeu, des parties manquantes, des actions inexpliquées, ou encore le passé des personnages non connus. Pour en savoir plus, rien de plus simple, il faut repasser par la caisse. Plusieurs DLC sont disponibles, et d’autres suivront pendant encore au moins un an. Chaque personnage dispose de son DLC, qu’il soit ami ou ennemi, secondaire ou non. Plus on avance dans le jeu, plus on va se poser cette question qu’il manque quelque chose à cet endroit, et malheureusement ni le jeu ni le film ne pourra y répondre.

    Cependant, malgré ces trous, Final Fantasy XV reste dans la lignée de ses prédécesseurs avec la structure de son scénario. Avec une première partie d’histoire plutôt tranquille afin de nous présenter les personnages et nous mettre dans le bain, la seconde partie, elle, est déjà plus explosive, ce qui va nous intéresser déjà beaucoup plus. Le jeu arrive tout de même à nous toucher par moments, avec des scènes qui permettent de remonter l’estime du jeu.

    Bien qu’il soit loin d’être parfait, et ce, malgré un scénario gruyère et plus de dix ans à attendre sa sortie, Final Fantasy s’en sort plutôt bien. Deux pas en avant, un en arrière, c’est ce qui résume assez bien ce Final Fantasy. Certains détesteront, d’autres aimeront, Square Enix réussi tout de même son pari et relance la saga de Final Fantasy avec un projet colossal, mais qui revient de loin, même si l’on espérait quelque chose de grandiose avec ce quinzième titre d’une licence aussi connue que celle-là. Avec une histoire qui nous tient pendant 20 à 30h, et des quêtes secondaires qui nous plongent dans une durée de vie rallongée de 50h facilement, on aperçoit tout de même les différents trous liés à l’ambition de Tabata et du développement chaotique du jeu.  Malgré cela, l’on s’attache assez vite à nos quatre héros, finalement plus humains que prévu. Que l’on aime ou non, que vous soyez fan ou néophytes, Final Fantasy restera dans les annales, nous offrant ainsi quelques moments de bravoure.

     

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